La raclette savoyarde

Il y a des plats qui nous rappellent notre enfance. Vous savez, ceux qui nous rappellent de jolis souvenirs et que l’on n’oubliera jamais. Il suffit d’un parfum pendant une fraction de seconde pour que plein de choses remontent dans notre tête et nous rendent nostalgique. Et bien pour moi, la raclette est de ceux-là.

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La raclette des journées de ski

Vous le savez, j’ai vécu pendant toute mon enfance (ou plus exactement de mes 3 ans à mes 18 ans) dans un petit village de Savoie. Et comme mes parents y habitent toujours, j’y retourne dès que j’y peux (et oui, les 3 « y » dans une seule phrase, c’est savoyard, tout comme « voyent » et « soyent »).

Bref, tout ça pour dire que la raclette, j’en ai beaucoup mangé. Et je parle de la vraie raclette, pas celle au fromage élastique et sans goût que l’on trouve dans les supermarchés parisiens. La vraie, c’est celle avec du fromage que l’on trouve dans les petites coopératives de montagne et qui sent bon la vache.

Pour moi, la raclette, c’est le repas typique des journées de ski. Celles où l’on rentre épuisés et frigorifiés d’avoir trop skié jusqu’à la fermeture, d’être trop tombé et d’avoir trop fait de hors-piste. Celles où l’on a rêvé toute la journée de retirer ses chaussures de ski qui nous serrent les pieds mais où l’on sera aussi content de les remettre le lendemain matin. Celles où l’on a mangé un sandwich sur un télésiège ou assis dans la neige pour ne pas perdre de temps et skier plus. Bref, c’est après ce genre de journées là que je m’endormais dans la voiture sur le chemin du retour, que dès que j’arrivais à la maison, j’allais me réchauffer en buvant un chocolat chaud assise devant la cheminée et que je savais que pour le dîner, une bonne raclette nous attendait. Et parce qu’avec le froid et le ski, il fallait bien récupérer toute cette énergie avec du bon gras. D’ailleurs, c’était toujours moi qui coupait le gros morceau de fromage à raclette en jolies tranches fines et qui disposaient harmonieusement (enfin, harmonieux selon un regard d’enfant) la charcuterie dans un grand plat. Et même aujourd’hui, je le fais toujours car j’adore ça (et que je peux manger au passage quelques tranches de fromage).

Petit à petit, les journées au ski avec les parents ont été remplacées par celles avec les copains mais la raclette, elle, est restée. On y a même rajouté le petit verre de vin blanc savoyard pour accompagner et les sorties de luge nocturnes post-raclette pour essayer de nous faire digérer.

Et rien que pour vous, des photos de ma première fois sur des skis (oui oui, j’avais 2 ans et 1/2).

Et la raclette, il n’y a qu’une seule façon de la manger ?

La raclette est composée de trois éléments : le fromage à raclette que l’on fait fondre, les pommes de terre sur lesquelles on dépose le fromage fondu et des accompagnements, généralement de la charcuterie ainsi que des petites oignons et des cornichons.

  • La raclette traditionnelle : du fromage à raclette, des pommes de terre cuites à l’eau et de la charcuterie (jambon blanc, jambon cru de Savoie, saucisson, coppa, viande de grison…)
  • Varier les plaisirs : aujourd’hui, en plus du fromage à raclette traditionnel, on trouve des variantes plus originales, comme par exemple le fromage à raclette fumé, le fromage à raclette au lait de chèvre, ou encore certains contenant du poivre, du cumin ou encore de l’ail des ours (celui-ci, je vous le conseille vraiment). Vous pouvez aussi utilisez d’autres fromages tels que la fourme d’Ambert, le cantal ou encore la tomme de Savoie qui s’y prêtent très bien
  • Raclette de la mer : vous n’êtes pas fan de la charcuterie ou vous trouvez ça trop gras ? Vous pouvez tout à fait la remplacer par du saumon, la truite fumée ou des crevettes. Le dîner sera plus léger mais aussi plus frais. Et ça se marie tout aussi bien avec le bon goût du fromage à raclette. Certains aussi consomme des huîtres avec la raclette. Personnellement, je n’ai jamais goûté mais après tout, pourquoi pas. A tester donc.
  • Raclette végétarienne : et oui, pourquoi les végétariens devraient se passer de la raclette ?! Pour remplacer la charcuterie, prenez des légumes comme des champignons, des oignons jaunes ou encore des courgettes. Libre à vous d’utiliser ceux que vous voulez. Vous pouvez soit les manger crus, soit les faire griller dans votre poêlon à raclette.
  • Raclette à la patate douce : remplacez les pommes de terre par des patates douces et vous obtiendrez une raclette encore plus douce et gourmande. Et en prime, une jolie couleur orange.
  • Raclette sans appareil : vous n’avez pas de place dans votre minuscule studio parisien ? Pas de panique, nous pouvez quand même manger des raclettes. Plusieurs options s’offrent à vous :
    • Raclette au four : dans un plat à gratin, déposez les pommes de terre préalablement cuites dans de l’eau bouillante. Déposez dessus des tranches de fromage à raclette et faites cuire pendant quelques minutes à 200°C en mode grill
    • Raclette au micro-onde : placez votre pomme de terre dans une assiette. Déposez dessus une ou deux tranches de fromage à raclette et faites chauffez pendant 2-3 minutes jusqu’à ce que le fromage soit bien fondu
    • Raclette à la poêle : le mieux, c’est d’utilisez des mini-poêles type poêle à pancakes. Placez votre pomme de terre dedans et déposez par-dessus une ou deux tranches de fromage à raclette. Faites cuire pendant quelques minutes à feu fort jusqu’à ce que le fromage soit fondu
    • Et sinon, de nombreux fromagers prêtent ou louent des appareils à raclette.

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Point culture, pour ceux qui veulent en savoir plus

A l’origine, la raclette est un plat suisse mais pour moi, ça sera toujours un plat savoyard (oui, c’est mon côté têtu ça).

Le fromage à raclette est un fromage au lait cru de vache et à pâte pressée non cuite nécessitant 5 à 6 mois d’affinage. Le fromage à raclette de Savoie est aujourd’hui protégé par une IGP et sa fabrication suit donc un cahier des charges bien spécifique (donc s’il n’y a pas de logo IGP sur l’emballage du fromage déjà tranché de votre supermarché, fuyez et courez chez votre fromager qui aura lui du vrai fromage à raclette). Il se déguste donc d’août à avril (ce qui explique pourquoi il ne faut pas manger de raclette en été, en plus du facteur chaleur). Même s’il est délicieux cru, le fromage à raclette se mange fondu dans des petits poêlons avec des pommes de terre et de la charcuterie (la raclette donc). Ce plat tire son nom du fait qu’il faille racler le fromage fondu pour le déposer ensuite dans son assiette.

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5 décembre 2018
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